Cela fait presque une semaine que mon frère et moi avons atterri au Japon. Ayant terminé de nous installer pour l’instant, j’ai jugé le moment opportun d’écrire cette première capsule pour lancer le blogue et parler de cette première semaine assez mouvementée !

Le voyage a été long ; entre le vol avec escale d’une durée totale d’environ 20 heures, les deux heures passées à la douane, et tous les transferts de train qui ont dû être faits pour que l’on se rende à notre appartement temporaire à Kariya, je n’ai pas eu beaucoup de temps pour m’arrêter et me reposer. Et ce n’est pas fini : il nous reste à enregistrer notre adresse au bureau municipal avec nos cartes de résidence, nous inscrire au régime d’assurances maladie, et ouvrir nos compte de banque… Mais nous avons, malgré tout ce qu’il y a à faire, pris le temps d’explorer un peu !
La première soirée a été difficile. J’avais pris la peine de commander une carte SIM avec Mobal que j’ai récupéré à mon arrivée à l’aéroport, mais le problème vient du fait, non mentionné, que celle-ci prendrait jusqu’à 48 heures pour être activée. C’est donc avec des captures d’écran et beaucoup de recherche que nous sommes arrivés à proximité de notre hébergement pour la nuit, situé dans une allée marchande de bars et de cabarets… L’endroit n’ayant aucune affiche, il m’a fallu demander à des clients d’un bar s’ils savaient où celui-ci se trouvait, et il s’avère que notre hôtel (si on peut l’appeler ainsi) était situé en haut d’un bar, et que la porte d’entrée était dissimulée dans l’arrière-rue. La chambre était honnêtement très propre et les lits confortables, mais côté facilité d’accès et sécurité, j’ai vu mieux.

Le lendemain, avant de nous diriger vers Nagoya, nous en avons profité pour visiter le marché Shinsekai et le terrain du Shi Tennō-ji. Il y avait beaucoup de tables marchandes, mais il était encore trop tôt pour y voir une véritable activité. Par contre, nous sommes rapidement retournés à l’hôtel : en l’absence d’une connexion internet pour « sécuriser » nos déplacements sans nous perdre, et surtout à cause du décalage qui commençait à nous affecter, nous avons préféré ne pas trop nous éloigner.

Nous avons néanmoins pris le temps d’aller voir, une fois arrivé à Nagoya, le district de préservation de Shikemichi et de faire graver nos hanko, cette petite estampe qui fera office de signature. Comme mon frère a décidé d’utiliser notre nom de famille pour le sien et que je ne voulais pas que l’on ait le même, j’ai opté plutôt pour signer à l’aide de mon nom chinois : 夢天 mèng tiān (qui serait plutôt lu « muten », en japonais).

J’aime beaucoup ce nom, qui m’a été donné en 2019 par un collègue lorsqu’il a appris que je débuterai des cours de chinois. En fait, au-delà de sa prononciation qui ressemble à mon nom, c’est aussi le nom d’un ancien poème écrit par Lǐ Hè. Il décrit une scène de marche vers la Lune : les quatre premiers vers décrivent ce que le poète voit, de la Terre, dans le palais de la Lune, les quatre dernières lignes décrivent les sensations qu’il ressent en regardant le monde humain depuis le palais de la Lune. Le poème tente d’expliquer comment révéler la vérité selon laquelle notre vie est courte et notre monde, impermanent.

Une fois arrivés à Kariya, nous avons rapidement défait nos valises et été faire nos premiers achats pour personnaliser ce petit espace qui allait devenir notre « chez nous », l’espace d’un mois ou deux. Une fois cela fait, nous avons exploré les environs, pour découvrir que la ville possédait un « Parc Mississauga » ! Il se trouve que les deux villes sont, en fait, villes « sœurs ». C’est une drôle de surprise. C’était très plaisant de voir que ce parc est habité de vie : les enfants qui y courent, les ados qui y jouent au soccer, et les familles qui y pique-niquent.

Dimanche, il y avait un petit festival dans la ville voisine de Handa, le Kamezaki Shiohi Matsuri. C’était très plaisant de naviguer les rues bondées de monde et de kiosques de nourriture. Nous en avons profité pour regarder la parade et la mise à l’eau des chars de sanctuaire, avant de visiter le Kaichō-in et l’autel Kamisaki. Il faisait très chaud, et je crois bien avoir pris un coup de soleil sur la nuque, faute de m’être protégé adéquatement…

Aujourd’hui, nous avions planifié d’aller nous enregistrer au bureau municipal et terminer toute la paperasse liée au déménagement, mais il se trouve que nous sommes encore dans la « Golden Week »… nous devrons donc attendre mercredi pour tout faire, mais après nous serons véritablement installés et nous pourrons commencer à profiter de cette nouvelle expérience.



