Les vacances des Fêtes s’allongent, alors que mes patrons de l’école de français où je travaille sont encore en France. J’ai déjà recommencé à travailler à l’école d’anglais, mais j’ai encore beaucoup de temps libre. L’autre jour, j’ai donc décidé de visiter le temple d’argent, ou Ginkaku-ji, et d’entreprendre une petite randonnée sur le Mont Daimonji.
J’avais déjà visité le temple d’or, ou Kinkaku-ji, quand je suis arrivé à Kyōto à l’été. Ça me semblait alors parfait comme décision, car la couleur dorée invite, justement, à penser à la chaleur; à l’été. En revanche, l’argenté me transmet plutôt une image de froid; de l’hiver. Évidemment, plusieurs personnes dirons que le jardin du temple est plus beau au printemps, mais c’est le cas pour tous les jardins et endroits naturels du Japon ! Un jour, il faut donc se rendre à l’évidence que la nature a été faite pour être appréciée sous toutes ses facettes.


Néanmoins, alors que la visite du Kinkaku-ji est courte et que je ne vois pas l’intérêt de la répéter, j’aimerais bien faire une autre visite du Ginkaku-ji une fois le printemps arrivé. Une de mes collègues de travail a bien explicité la différence entre les deux temples :
L’attrait principal lors d’une visite du Kinkaku-ji, c’est le temple lui-même. Une fois que nous l’avons vu, nous avons vu ce qu’il y avait à voir. Le jardin est beau, mais la brève circularité du trajet nous empêche de pleinement en profiter. En contrepartie, l’attrait principal d’une visite du Ginkaku-ji n’est pas le temple (bien qu’il soit lui aussi d’une véritable beauté), mais bien les jardins qui l’entourent. Nous avons une plus grande liberté d’exploration et nous pouvons même monter un peu dans la montagne pour voir le complexe de haut. La visite de celui-ci est donc beaucoup plus connectée à la beauté de la nature environnante.
Une fois ma visite du Ginkaku-ji terminée, je me suis dirigé vers la base du Mont Daimonji, située à seulement quelques mètres de l’entrée du complexe. Sur le chemin, on peut visiter quelques petits temples et sanctuaires, comme le temple de Jōdo-in (à gauche) et le sanctuaire de Hachi (à droite). À la base de la montagne, il y a aussi un petit assortiment d’autels avec des statues à différentes divinités, installées là pour protéger les gens qui décident de monter la montagne.



Le Daimonji est une montagne importante pour les gens de Kyōto, car c’est sur son flan qu’on peut voir le grand symbole 大, représenté à l’aide de brasiers, à la mi-août. J’aurais aimé avoir une photo pour l’illustrer, mais je l’ai malheureusement manqué cette année; je ne savais pas que la célébration avait lieu la journée concernée…
La montée du Daimonji est une montée paisible. Comme c’est une montagne proche de la ville, le sentier est aménagé convenablement. À certains endroits, on monte même des marches en ciment, ce qui devrait bien illustrer l’état des lieux. Cela fait en sorte qu’on croise aussi plus de gens. En particulier, la journée où je suis allé il y avait trois équipes de baseball qui s’entrainaient en montant les marches. Néanmoins, le tout restait assez calme pour que je puisse profiter des paysages.


Une fois au sommet, on peu s’assoir pour profiter de la vue. Il y deux aires de repos. La première, à côté des brasiers, et défrichée pour laisser place, évidemment, au feu annuel du Daimonji. Cela fait en sorte qu’il est facile de voir Kyōto. On y trouve aussi un petit autel couvert, ce qui a permis à certains de se réchauffer. Il faut dire qu’au sommet, il faisait froid. Le fait que le sommet soit défriché fait aussi en sorte que le vent frappe fort. Comme avec ma montée du Mont Atago, j’ai été surpris de voir qu’il neigeait un peu un sommet ! Ensuite, pour ceux et celles qui veulent s’entourer de nature pour profiter d’une vue de la ville, il y a une autre aire de repos un peu plus loin, avec des bancs.

Une fois l’observation du sommet terminée, la plupart des gens redescendent par le même chemin, mais j’ai décidé de continuer vers le sud pour transformer ma randonnée en anneau (loop). J’avais une destination en tête : le célébré temple de Nanzen-ji.
Sur ce pan de montagne, le silence règnait. Après tout, rares sont les personnes qui décident de rallonger leur randonnée, surtout si c’est pour aller dans une direction où il n’y a pas grand chose (de « touristique ») à voir sur le chemin. Le Nanzen-ji peut très bien être visité sans cet effort ! Néanmoins, une fois arrivé de l’autre côté, j’ai trouvé un petit complexe de temples mignons qu’il ne m’aurait jamais venu à l’idée de visiter : le complexe de Himukaidai. Ce petit complexe à flan de montagne comporte plusieurs autels éparpillés, dont un dans une petite grotte.


Ensuite, je me suis dirigé vers le Nanzen-ji, mais j’ai fait une autre découverte : le réservoir de Keage. Je n’avais jamais entendu parlé de cet endroit, mais il semble, après mes recherches, que c’est un lieu rendu célèbre à cause de son apparitions dans plusieurs films. À proximité on y trouve un grande allée de pierre entourée de cerisiers; ça doit, encore une fois, être très photogénique au printemps !
Ce n’est pas cette allée qui m’a interpellé cependant. J’étais plus intéressé par les installations industrielles, en briques rouges, bordant le réservoir. Je crois qu’il s’agit d’une petite centrale électrique. J’ai appris qu’il existe un système de canaux qui se rend jusqu’au lac Biwa, grâce à des tunnels creusés à même la montagne, et qu’il est possible de participer à un tour organisé pour le prendre ! Ça me semble une façon si romantique de visiter ce grand lac. J’irai probablement au printemps, pour profiter de l’allée de Keage dans toute sa splendeur au passage !



En suivant ce canal qui conduit l’eau du lac Biwa, on arrive éventuelle à un grand aqueduct de pierre, construit lors de l’ère Meiji. On entre alors sur le complexe du Nanzen-ji, qu’il est possible de visiter gratuitement. Il faut seulement payer lorsqu’on veut entrer dans les différents bâtiments du complexe. Le Nanzen-ji est l’un des plus importants complexes Zen du Japon. C’est l’un des temples principaux de la secte Rinzai, avec une histoire date du milieu du treizième siècle. Il y a plusieurs bâtiments, mais j’ai décidé de seulement visiter le hall principal. J’aime bien explorer, mais pas si cela implique de payer pour chaque petite chose…
Dans le grand hall, il est possible de voir plusieurs peintures sur des panneaux coulissants (fusuma). Certaines de ces œuvres sont des reproductions, mais la majorité sont de véritables peintures d’époque qu’il est possible d’admirer de loin. En fait, on ne peut pas s’en approcher ni les prendre en photo, afin de les préserver. D’ailleurs, presque tous les bâtiments du complexe interdisent les photos… Au moins, dans le grand hall, on peut prendre en photos les jardins, qui restent selon moi l’un des attraits principaux du complexe.



Une fois la visite terminée, je suis sorti du complexe par la grande porte de Sanmon, construite en 1628 par le clan Tokugawa pour honorer les soldats morts lors du siège du château d’Ōsaka en 1615. Il est possible de monter sur le balcon pour avoir une vue sur le complexe et sur la ville, moyennant un coût supplémentaire. Je me suis donc contenté de l’observer d’en bas; elle reste très imposante et magnifique !
La publication d’aujourd’hui est un peu plus longue qu’à l’habitude, mais c’était une autre randonnée, de plus de quatre heures, qui m’a permis de voir plusieurs choses. Comme le travail reprend bientôt, j’aurai un peu moins de temps libre pour me promener, mais je veux essayer de respecter mon engagement personnel de « faire le touriste » au moins une fois par semaine. Je n’ai pas vraiment d’autres choses de prévues dans l’immédiat… mais j’ai bien quelque chose qui s’en vient à la fin du mois ! Je vous en parlerai dans une prochaine publication.




