Une couverte blanche sur Kyōto

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Aujourd’hui, j’interromps les publications sur Okinawa pour une occasion spéciale. En fait, tout l’hiver, il n’a pas neigé un seul moment à Kyōto. Pour un Canadien, c’est une triste réalité que de passer un Noël « vert » ! D’ailleurs, c’est pour cette raison que j’étais excité à l’idée de voir un peu de neige quand j’ai monté le mont Atago, il y a quelques semaines.

Aujourd’hui, ma patience a été récompensée : une jolie couverture blanche a commencé à tomber sur Kyōto pendant la soirée, et ce matin elle était encore présente. Pour mes lecteurs au Canada, une si petite couche de neige aurait été inconséquentielle, mais pour moi elle représentait une tranche de ce qui fait de nos hivers ce qu’ils sont, et donc j’étais bien heureux malgré tout !

Et donc, comment ai-je profité de cette journée ? En fait, j’avais déjà préparé un plan dans l’éventualité où il neigerait : d’aller à Arashiyama. Malgré que j’habite à Kyōto depuis bientôt dix mois, je n’y suis encore jamais allé. C’est pourtant un endroit qui est prisé par les touristes pour ses grandes forêts de bambous. La réalité, c’est que j’avais envie d’y aller depuis un bon moment, mais, il y a plusieurs années, j’avais vu une jolie photo d’Arashiyama ensevelie sous la neige qui m’a fait rêver. Je gardais en mémoire ce paysage singulier et j’attendais justement cette opportunité apportée par l’hiver pour en profiter moi-même.

Ce matin, je me suis donc dépêché d’aller à Arashiyama, avant que les foules ne s’amassent, pour prendre quelques photos. J’ai commencé en marchant à travers les chemins de Sagano, qui serpentinent dans la « forêt de bambou » qui fait d’Arashiyama l’attrait touristique qu’elle est.

Ensuite, je suis allé visiter le temple de Tenryū. Fondé en 1339, celui-ci est le temple principal de l’école du même nom au sein du bouddhisme Rinzai Zen. Situé à proximité de la forêt de bambous, le temple de Tenryū est fameux pour ses jardins de fleurs, mais aussi pour sa fresque de plafond qui représente un grand dragon. Malheureusement, la journée où je suis allé, le hall du dharma, où est situé cette fresque, n’était pas ouvert au public. Je n’ai donc pas pu la voir. Je n’ai pas non plus payé pour entrer dans le temple ; seulement pour aller dans les jardins. De toute façon, je me disais que je devrai revenir pour voir le hall du dharma, et que l’intérieur du temple serait le même en hiver comme à l’été.

Les jardins du temple Tenryū sont très beaux. En fait, un peu à la manière du jardin botanique de Kyōto, il est possible de voir différents arbres et différentes fleurs selon la saison. Un panneau à l’entrée nous permet de voir quelles sont les arbres en pleine période de floraison. Quand j’y suis allé, c’était la saison des chimonanthes précoces (rōbai) et de deux espèces de camélias (sazanka et tsubaki). Par contre, j’ai aussi pu voir des fleurs de cognassiers (boke) et de prûniers (ume) qui commençaient leur floraison, ainsi que des arbustes à fruits de bambou sacré (nanten).

Évidemment, au-delà de ses fleurs, le jardin du temple de Tenryū offre plusieurs autres paysages intéressants. En effet, même si je ne suis pas entré dans le temple, j’ai pu profiter amplement de son architecture extérieure. Il est possible de l’admirer de près ou de loin, en montant la petite montagne située à proximité. L’étang au centre du jardin, entouré par la neige, m’est aussi apparu comme un miroir féérique malgré ses eaux troubles et le ciel grisâtre qu’il reflétait.

Ensuite, je voulais aller visiter le jardin d’Ōkōchi Sansō, mais le billet d’entrée m’apparaissait dispendieux pour la taille du jardin. Surtout, c’est que ce qui me semblait être l’attrait principal de cet endroit, soit la vue sur la rivière Hozu offerte par le belvédère d’observation, était identique à celle qu’on peut avoir gratuitement au sommet du parc d’Arashiyama.

C’était avant, évidemment, que j’apprenne, une fois de retour à la maison, que le billet d’entrée au jardin inclut un accès gratuit au musée, dédié à l’acteur de films de période (jidaigeki) Ōkochi Denjiro, ainsi qu’une dégustation de thé vert maccha et une pâtisserie. En même temps, j’étais aussi un peu pressé, car j’avais des cours qui commençaient à 14h00 et qu’Arashiyama n’est pas proche de mon lieu de travail. J’ai donc mis sur ma liste, pour une future visite, cet endroit ! J’espère que l’hiver prochain, j’aurai encore la chance de profiter d’Arashiyama sous la neige.